lundi 22 février 2010

les retraites l heure est à la mobilisation

La CGT lance la campagne retraites



C’est par un déplacement à Boulogne-sur-Mer que le secrétaire général de la CGT a voulu marquer le début de la campagne de la CGT sur les retraites. Expliquer, informer, débattre, rassembler et mobiliser les salariés étaient les maitres-mots de cette journée marquée par une assemblée de plus de 300 militants.


La journée a commencé dans la froidure hivernale par une rencontre des salariés de l’usine Gelmer qui transforment du poisson surgelé. Le syndicat CGT de l’usine qui revendique plus de 70% de syndiqués parmi les salariés avait rassemblé une soixantaine d’entre eux dans une salle de pause pour une rencontre avec Bernard Thibault.
Dans cette entreprise, les conditions de travail sont très pénibles. Les hommes comme les femmes y sont soumis aux horaires décalés, au travail dans des basses températures. Ici, les corps s’usent vite et l’exigence d’une reconnaissance de la pénibilité pour la retraite est sur toutes les lèvres.

Pas question pour ces travailleurs d’imaginer travailler au delà de 60 ans alors même que beaucoup d’entre eux se demandent comment les atteindre en bonne condition. Au delà de la question des retraites et de la pénibilité, le syndicat CGT de l’usine prépare activement les négociations annuelles obligatoires (NAO), car en plus de tout le reste, les salaires sont ici très bas et les dernières années ont été marquées par des trop faibles revalorisations.

C’est par une visite aux salariés de la galerie commerciale Auchan Cote d’Opale que le secrétaire général de la CGT a poursuivi cette journée. Avec les militants CGT de l’union locale de Boulogne et du magasin Auchan, Bernard Thibault a parcouru, tracts en mains, les allées de l’hypermarché pour dialoguer avec les salariés et les clients et leur distribuer le quatre pages que la CGT a édité à 2,5 millions d’exemplaires. Contacts et échanges trop brefs sans doute, mais suffisants pour constater que "l’accueil est excellent et que personne parmi les salariés rencontrés n’a envie de voir reculer l’âge légal de la retraite au delà de 60 ans", note Bernard Thibault . Contacts qui sont autant d’encouragements pour les militants CGT à revenir dialoguer durant les semaines et les mois à venir. Car le temps presse. Si Bernard Thibault note que le président de la République a du consentir à ne pas boucler le dossier des retraites en juillet, un projet de loi début septembre ne laisse pas beaucoup de temps pour sensibiliser, informer, rassembler les salariés dans des mobilisations unitaires telle que celle annoncée pour le 23 mars.

A l’évidence, la perspective d’un allongement de la durée de cotisations et la reconnaissance de la pénibilité au travail sont au coeur des préoccupations des plus de 300 militants CGT du Boulonais rassemblés à la Faïencerie cet après-midi du 16 février. L’usure au travail est un sujet récurrent dans les interventions. Bernard Thibault rappelle que la CGT revendique un départ anticipé pour les salariés exerçant des emplois pénibles et souligne qu’en dépit de la réforme Fillon et de trois années de vaines négociations avec le MEDEF « les employeurs nous ont proposé non pas une reconnaissance collective, mais individuelle, après examen médical ! C’est un droit qui serait dépendant de l’état de santé du salarié : il faudrait être usé pour avoir le droit de partir... Le patronat a aussi refusé de financer ce droit, ce serait donc aux autres salariés de mettre la main à la poche : hors de question ! »

Mais dans cette région où la crise frappe durement, ces questions viennent avec d’autres comme le devenir des industries locales (notamment Arques International, Desvres, Total), la place des services publics (La Poste et France télécom, EDF-GDF, hôpitaux). Car il est évident pour chacun que l’avenir des retraites est indissociable du niveau d’emploi. D’ailleurs, Bernard Thibault affirme qu’au lieu de reculer l’âge de la retraite, on devrait se poser la question de mettre tout le monde au travail. Et il souligne l’urgence à se pencher très vite sur "une vraie politique de formation permettant de remplacer les 40% de salariés de l’industrie qui vont partir en retraite ces prochaines années."

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